Ce n'est pas la première fois que je rencontre les quatre Teutons mais c'est avec surprise que, dès mon entrée dans les backstages du Zénith de Paris, Gustav m'accueille avec un grand « Bonjour » - en français dans le texte – accompagné d'une poignée de main bien ferme. Ce à quoi Bill ajoute en anglais : « Encore toi ! ». Il est bien rare que des groupes aussi plébiscités que les TH se souviennent des journalistes qui les ont interviewés – même à plusieurs reprises – mais eux sont différents. L'ambiance est à la détente et les réponses fusent aussi vite que les questions. Qui a dit que les Allemands n'étaient pas cool ?
Qu'est-ce que ça vous fait de jouer au Zénith de Paris ?
Bill : C'est géant parce que jusqu'ici nous n'avons pu faire que des petites salles – en plus tous les tickets sont vendus plus d'un mois à l'avance – et cette fois nous allons amener notre propre scène. Nous sommes très excités à l'idée de rencontrer nos fans et de faire deux énormes concerts. Ce qui est sûr, c'est que nous reviendrons par la suite.
Je crois que votre record c'est un concert devant 75 000 personnes...Bill : C'est exact et j'espère que cet été nous le battrons ! [ne nous enflammons pas très cher]
Vous savez que vous êtes les premier groupe chantant en allemand à cartonner en France depuis Nena dans les années 80... [avec 99 Luftballoons] Bill : Je le sais et j'en suis d'autant plus fier que je suis fan de Nena.
Tom : Ce qui m'a surpris c'est d'entendre les Français chanter nos textes en allemand. Ils connaissent nos chansons par c½ur, c'est vraiment génial ![et oui, Tom, tout le monde n'est pas aussi fainéant que vous]
Est-ce que vos fans françaises sont différentes de vos fans allemandes ? [la question qui revient en boucle]
Bill : Elles sont habillés un peu différemment, elles portent moins de couleurs, mais elles ont un style très recherché et adorent les accessoires et les bijoux.
Tu arrives à remarquer tout ça quand tu es sur scène ?
Bill : Dans les petites salles, j'arrive très bien à discerner les premiers rangs et j'adore avoir un contact visuel avec le public.
Revenons aux choses sérieuses, que s'est-il passé dans la fameuse chambre 483 pour appeler votre album de la sorte !?!
Bill : Si on te disait tout, tu ne pourrais pas l'écrire ! (Rires) C'est le numéro de la maison que nous occupions quand nous étions en vacances en Espagne. Elle est importante pour nous parce que c'est dans cette chambre que nous avons commencé à écrire l'album. L'atmosphère y était particulière et le disque la retranscrit très bien.[ça devait sentir le chameau à la fin >__<]
On a entendu dire que sur le premier album ta voix avait été rendue pus grave au mixage, qu'en est-il aujourd'hui ?[cette rumeur est stupide]
Bill : Cette rumeur est stupide [hey, c'est ma réponse ça !!], le mixage est une partie importante de la création d'un album et tous les instruments subissent des modifications. On peut s'en apercevoir car entre les deux albums, ma voix a changée et donc elle n'était pas trafiquée au départ ! Ce qui était intéressant c'est que l'évolution de ma voix a eu pour conséquence de rendre les chansons et l'album complètement différents du premier.
Tom : D'ailleurs les fans s'en rendent compte en concert. Nos premiers titres ne sonnent pas comme sur l'album.
A quel niveau Gustav et Georg avez-vous participé à l'album ?
Georg : Tout le monde participe à chaque chanson, mais comme elles se créent à partir de la guitare, c'est plus difficile pour nous d'être à l'origine des morceaux. On ne peut pas écrire une chanson avec seulement la batterie et la basse.
Bill : [on ne t'a pas posé de question à ce que je sache]On écrit ensemble et quand on enregistre, chacun met ses idées, on les arrange... Gustav propose des idées au niveau de la batterie et Georg au niveau de la basse. C'est toujours une collaboration.
Le premier extrait « Übers Ende der Welt » [...] a un côté un peu sombre, de quoi parle-t-il ?
Bill : Le côté sombre est juste dans la musique, mais c'est un morceau très positif. Le message c'est qu'il ne faut pas avoir peur de commencer une nouvelle vie, de changer de chemin pour continuer à suivre ses rêves. Il ne faut pas rester bloqué dans la situation de tout les jours, il faut vivre et changer les choses quand ça ne va pas. [un peu de philosophie avec le docteur Kaulitz]
Il y a une chanson que vous avez écrite tous seuls, et qui s'appelle « Wir Sterben Niemals Aus » [...] qu'a-t-elle de particulier ?
Bill : On a beaucoup réfléchi, lors de nos voyages, aux choses que l'on ne voulait pas oublier et on a surtout pensé au fait que chaque personne laisse quelque chose derrière elle, même au-delà de la mort. On est sur Terre pour quelque chose et c'est pour cela que l'on chante cette chanson, pour dire qu'il reste quelque chose même après la mort, donc d'une certaine manière on ne mourra jamais.
Tom : Je crois vraiment au fait que chaque personne est là pour une raison, ça m'a fait beaucoup réfléchir ces derniers temps. [et encore un peu de philosophie avec docteur Kaulitz et son assistant, docteur Kaulitz]
Parlez-moi de « Spring Nicht » [...] qui traite d'un sujet qui touche beaucoup d'adolescents : le suicide...
Bill : Quand on est adolescent, on a souvent tendance à penser au suicide. Parfois pour fuir les problèmes, parfois pour attirer l'attention de ses proches. Dans tous les cas c'est un cri d'alarme. C'est en lisant le courrier de fans que j'ai eu envie de parler de ce sujet, et en écoutant les autres adolescents que j'ai rencontrés ces deux dernières années. Des témoignages m'ont vraiment touché et j'ai laissé parler mon c½ur.
Tom : Cette chanson est comme une main tendue à tous ceux et toutes celles qui pourraient penser à passer sérieusement à l'acte. On ne doit pas mourir à cause d'une rupture, de la perte d'un proche ou de toute autre raison. Si jamais j'avais un ami qui avait ce genre de pensées, je ferai tout pour l'aider et lui montrer que la vie vaut le coup d'être vécue malgré les épreuves douloureuses que l'on peut traverser. [quand j'ai lu la réponse de Tom, ça m'a vraiment fait un choc, dans le sens où j'ai été touchée par ses paroles. C'est bien lui qui a dit ça ???]
À l'opposé de « Spring Nicht », il y a plusieurs chansons qui parlent d'amour et de relations amoureuses, seriez-vous devenus romantiques ?
Tom : Sûrement pas ! (Rires) [je suis persuadée du contraire, surtout en ce qui concerne Tom^^]
Bill : À notre âge, on découvre l'amour et les premières relations te marquent à tout jamais. C'est vrai qu'avec notre vie c'est très difficile d'avoir une relation suivie et les chansons qui parlent d'amour sont souvent inspirées par des histoires que l'on m'a racontées. Personnellement, depuis le succès de « Schrei », j'ai eu plusieurs petites amies, mais rien de bien sérieux. Ça n'empêche pas que j'aie souffert lors des ruptures. Etre amoureux fait autant de bien que de mal.
Georg : Nous avons tous connu l'amour et nous avons tous eu des déceptions, c'est quelque chose d'universel. Ce n'est pas parce que nous sommes connus que nous ne sommes pas sensibles.
Tom : L'amour est un sujet qui a toujours inspiré les poètes et les auteurs. On peut le traiter de plein de manières différentes.
Bill : Nos chansons d'amour nous sont propres, elles parlent à notre génération.
Justement, que se passe-t-il lorsque l'un de vous sort avec une fille ?
Bill : Chacun est libre de faire ce qu'il veut, mais c'est vrai qu'on en parle entre nous et que chacun donne son avis ! et qui a dit qu'on avait besoin de ton avis, mon chou ???]
Avez-vous déjà eu à choisir entre le groupe et une fille ?
Bill : Je crois que ce n'est même pas le peine qu'une fille nous demande de faire ce genre de choix ! Elle serait déçue, car le groupe passera toujours avant elle. Demander ça à l'un de nous irait exactement dans le sens opposé à ce que l'on aime, donc ce ne serait pas par amour, mais par égoïsme ou pour faire du mal.
Est-ce que vous devenez plus sérieux avec l'âge ?
Tom : Au contraire, je crois que ça empire ! (Rires) [un des rares points sur lesquels je suis d'accord avec Tom]
Bill : Nous sommes sérieux en studio quand nous enregistrons, mais nous adorons nous éclater entre les prises et quand nus sommes en tournée. Nous ne voulons pas nous prendre au sérieux, parce que c'est comme ça qu'on prend la grosse tête et ça, nous voulons l'éviter à tout prix.
Gustav : Le rock c'est d'abord un plaisir, c'est pas l'usine, c'est notre passion.
Bill : Nous n'avons pas beaucoup changé en deux ans, nous nous connaissions avant le succès et nous restons les mêmes et nous apprécions tout ce qui nous arrive.
Malheureusement, je n'ai pas trouvé le nom du/de la journaliste. Ça doit être le même que la dernière fois...
Tribu Rock HS 1
Gustav et Georg sont revenus du petit coin, ils s'étaient perdus en chemin certainement... Et Gustav a absolument tenu à acheter un mars, d'où son retard (heureusement qu'il s'est rattrapé à la dernière question)
Pour changer, Bill a encore le mot de la fin. Ne s'arrête-t-il donc jamais ?
PS : j'aime pas les beug de couleurs...